« Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras » L’homéostasie…

Aujourd’hui, j’ai envie de vous parler du changement. Les clients que j’accompagne lors d’une reconversion professionnelle se trouvent tous confronter à ce qu’on appelle : l’homéostasie.

Certains savent peut-être de quoi il s’agit ? Pour ma part, j’ai découvert ce terme il y a peu… L’homéostasie est une force qui s’oppose au changement. Il s’agit de la partie de nous qui aimerait que les choses ne changent pas ou qu’elles redeviennent « comme avant »…

La gestion des projets en entreprise illustre bien ce phénomène. Au début, lors de l’élaboration du cahier des charges, l’objectif du projet au niveau global est hyper ambitieux. Tout le monde fait sa lettre au Père Noël, on imagine beaucoup de choses qui pourraient révolutionner les process de l’entreprise.

Puis, le projet avance et il s’agit individuellement de faire évoluer notre périmètre et notre mission. C’est là que ça commence à coincer… Lorsque le projet grandit et qu’il vient nous toucher dans notre quotidien, c’est là qu’il commence à perdre de l’envergure. Chaque intervenant est alors tenté de limiter le changement qui le concerne directement.

Souvent, lorsque le projet est finalement livré (1 à 2 ans après la date prévue initialement …) les changements sont souvent loin du cahier des charges initial.

La phrase : « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ! » résume bien ce concept.
De fait, on préfère souvent rester dans une situation inconfortable que l’on connait plutôt que d’amorcer un changement vers quelque chose d’inconnu qui pourrait être pire que la situation actuelle.

Heureusement, la vie est bien faite et lorsque nous avons botté en touche pendant longtemps, souvent, survient un évènement qui nous « contraint » à changer.
Parfois, c’est un évènement positif : une rencontre, une proposition qui nous permet de prendre un tournant.

Souvent, ce sont des évènements « chocs » qui vont nous contraindre à bouger : licenciement, maladie, accident, dépression etc..
L’évènement positif peut passer complètement inaperçu.. C’est à mon avis ce qui fait que les évènements négatifs sont plus souvent identifiés. Ceux là, on ne peut pas les taire…
Où je veux en venir ? Ce qui me semble important c’est de prendre conscience que cette tendance à faire en sorte que ça ne change pas est « naturelle ».
Je peux vous dire que je vois bien ce que c’est… Le nombre de fois où je me suis dit : » mais qu’est-ce qui t’a pris?  » ;  » c’était si confortable, AVANT !! »….
Pourtant, il est préférable d’agir avant qu’un évènement négatif vienne nous y contraindre..

Amorcer un changement important c’est comme se retrouver au bord d’une rive en plein brouillard..
Quelle profondeur peut bien faire cette rivière ? Quelle largeur ? L’eau est-elle glaciale? Vais-je savoir nager ? Y a-t-il des gens dans l’eau ? Une barque ?

Ainsi, même si du côté de la rive où nous sommes nous avons des conditions de vies horribles, peut-être avec des animaux sauvages qui viennent régulièrement nous menacer.. On ne sait pas exactement ce qu’il y a de l’autre côté et si oui ou non nous y arriverons…
« Et si je tente, et que je n’y arrive pas.. Je vais devoir revenir… Bon, ben je préfère rester là où je suis alors….  »

Maintenant qu’on sait que c’est naturel, on fait quoi ?
De ma propre expérience, je vois 5 clés pour amorcer un changement :

La première clé : ne pas s’accrocher à un objectif.
C’est comme si votre objectif était en haut d’une chaîne de montagnes et que vous êtes tout en bas de la vallée. Vous avez peut-être repéré un sommet qui semble être votre objectif.
D’en bas, regarder le sommet de la montagne peut s’avérer vraiment flippant : « Oulala! Je n’ai plus la forme physique, je n’ai pas l’équipement, je ne connais pas l’itinéraire, je ne suis pas blablabla » ….
Ou encore : »Oulala ! Je n’ai pas la formation, je dois reprendre des études, je dois dépenser de l’argent, je dois prendre des risques ! Je dois m’absenter de chez moi blablabla…  »
Pour reprendre l’image de la montagne, en tant que randonneur, vous avez peut-être le rêve secret de faire l’ascension de l’Everest. Si vous avez cet objectif mais que, pour le moment, l’alpinisme n’est qu’un loisir auquel vous vous adonnez de temps en temps pour votre plaisir, vous n’allez pas vous pointer du jour au lendemain en Chine avec votre petit sac à dos de randonneur et vous mettre à grimper…
C’est la même chose lorsqu’il s’agit d’amorcer un changement profond dans sa vie. Vous allez commencer par vous entrainer, vous allez tenter des escalades intermédiaires, vous allez vous équiper et vous renseigner avant de vous lancer. Petit à petit, faire l’ascension de l’Everest deviendra de plus en plus accessible à mesure que vous vous préparerez.

La deuxième clé : passer à l’action.

Une fois que vous avez décidé de faire un jour l’ascension de l’Everest, vous allez donc commencer à vous entrainer. Vous allez vous investir, tenter de nouvelles randonnées. Questionner des alpinistes pour voir comment ils s’y sont pris etc..
C’est la même chose pour amorcer un changement profond. Si vous restez dans le mental, il ne se passera rien. Vous pouvez imaginer tout ce que vous voulez dans votre tête, tant que vous ne passerez pas à l’action, vous ne donnerez pas vie à votre projet.
D’ailleurs, au plus vous allez réfléchir et ne pas agir, au plus vous allez trouver de bonnes raisons de ne pas tenter.
D’autant que la réflexion peut parfois donner l’impression qu’on s’investit. Seulement, le problème, c’est que rien ne se passe…
Ce qui nous permet ensuite de dire : »tu vois, je ne fais que ça, et il ne se passe rien… »
Ouai… Rien du tout…

La troisième clé : la théorie des petits pas..

Encore une fois, évitez les projections et agissez chaque jour un petit peu en restant le plus possible dans le présent.
Chaque jour, le randonneur que vous êtes va se muscler davantage, en apprendre un peu plus sur lui, sur la manière qu’il a de gérer l’effort. Ainsi, il va prendre confiance.
Ce qui est fantastique lorsqu’on commence à agir c’est qu’un pas en appelle un autre. Et, quand on a fait quelques mètres et que ça se passe bien, on continue ( je ne peux pas m’arrêter là quand même…).

La quatrième clé : Y croire..

J’ai une conviction qui est que : si vous avez une passion, un rêve, c’est que le monde en a besoin.
Ce que vous souhaitez entreprendre, si c’est vraiment quelque chose qui vous habite n’est pas là pour rien.
Y croire, c’est indispensable car c’est ce qui vous permettra de tenir lorsque le découragement pointera le bout de son nez…
Oui, il ne faut pas rêver, amorcer un changement profond ce n’est pas confortable ni facile…
Sur le chemin, l’alpiniste peut se blesser, peut se sentir fatigué à force de s’entraîner.. Il peut ne pas être soutenu par son entourage..

La cinquième clé : se faire aider..

Peu importe comment, il faut se faire aider et s’entourer de personnes qui vont vous soutenir. Sur mon chemin, parfois, j’ai eu l’impression que certaines personnes de mon entourage croyaient plus que moi en mon projet ( je leur glisse d’ailleurs un grand MERCI au passage !)
C’est incroyable comme c’est motivant. Ces personnes qui croient en vous, vont vous pousser à continuer : pour « elles » vous ne pourrez pas abandonner !!
C’est également pour cette raison qu’il faut parler de votre projet. En parlant, vous agissez déjà, vous donnez vie à votre projet.
Il faudra être attentive car vous allez trouver des alliés où vous ne l’attendiez pas ! Accrochez-vous à eux, ils sont une grande ressource !!
A contrario, votre meilleur(e) ami(e), celui ou celle à qui vous disiez tout peut s’avérer néfaste à votre projet. Cela ne veut pas dire que vous vous êtes « trompé(e) » et qu’il ou elle n’est pas un(e) bon(ne) ami(e). Cela veut juste dire qu’il ou elle ne peut vous soutenir sur ce sujet. Dans ce cas, n’en parlez plus avec cette personne.

Avec ces éléments, vous allez pouvoir amorcer le changement profond auquel vous aspirez.
Allez-y, foncez, ce rêve peut devenir réalité !

Emilie Lagon, le 12 juillet 2017