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Ces peurs qui vous empêchent d’envisager de quitter votre entreprise…

Ces peurs qui vous empêchent d’envisager de quitter votre entreprise…

« Je suis dentiste, je ne sais rien faire d’autre ! »  ;  » C’est mon premier job, je travaille ici depuis 20 ans.. J’ai évolué mais mon niveau de diplômes ne correspond pas à mon métier » ; « Ici, je suis bien payé,  ils cherchent des jeunes maintenant »  ; « Je ne connais que ce secteur d’activité et justement je n’en veux plus…  » 

Ces phrases, sont le quotidien de mon métier de coach en reconversion professionnelle. Mes clients se rendent compte, parfois avec difficultés que leur discours intérieur ne les aide pas, qu’ils sont leur propre bourreau mais peinent à dépasser ces peurs.

Ces craintes sont d’autant plus vraies chez les personnes qui sont restées longtemps dans la même entreprise… D’ailleurs, c’est souvent une occasion supplémentaire de se juger. La première chose essentielle que je tiens à dire c’est que ces questionnements sont normaux et très fréquents. Donc, inutile de s’en vouloir et d’ajouter du jugement à la difficulté qu’on traverse. Au contraire, il va s’agir plutôt d’être bienveillant avec soi afin d’agir avec recul et méthode.

Pour commencer, il faut comprendre que votre cerveau cherche à vous protéger. Aujourd’hui, il saît, connaît, maîtrise l’environnement dans lequel vous êtes mais sur un futur projet, c’est complètement inconnu.  Aussi, au moins vous avez été habitué à changer au plus ces peurs vont se révéler. Tout simplement parce que votre cerveau n’a pas pu constater par lui-même que vous avez beaucoup de ressources !

A quoi donc ressemblent ces peurs ?

 

« J’ai l’impression que mon profil ne vaut rien sur le marché… »

 

Stéphanie, cheffe de projet :  » Je sais ce que je vaux dans cette entreprise, je suis reconnue. J’ai évolué mais je ne sais pas ce que je vaux ailleurs ». Quand on travaille pour la même structure depuis plusieurs années ou quand il s’agit de notre première expérience professionnelle, on peut petit à petit douter de son employabilité.  Vous êtes peut-être reconnu en interne pour ce que vous faites, mais que vaudrait votre expérience ailleurs ?

Et, ça, c’est quand tout va bien… Le pire étant quand on traverse une phase difficile. Par exemple, une mauvaise entente avec son manager ou un nouveau poste pour lequel on se trouve en difficultés.  Cela peut amener à douter de ses compétences tout court. Émerge alors une inquiétude quant à votre valeur sur le marché du travail.

J’entends également très souvent des jugements portés sur les compétences inhérentes au métier exercé qu’on pourrait résumer avec la phrase : « tout le monde saurait faire ce que je fais ! ». L’apprentissage progressif de ses compétences au long de sa carrière ne permet pas à mon client de les conscientiser. Et si la mission mobilise des talents naturels, le fait même qu’il n’y ait pas d’effort à mobiliser peut rendre ces talents inconséquents. Pas plus tard qu’hier, une cliente qui s’est lancée dans l’entreprenariat me disait : « je ne sais pas comment je peux faire payer ce que je fais ». Par ailleurs, elle n’a pas un profil d’expert, c’est une touche-à-tout qui a évolué au sein d’une PME. Elle ne parvient pas à voir que son adaptabilité, sa capacité à trouver des solutions, à créer un lien de confiance, sa curiosité, son intérêt pour les gens, sa bienveillance, son humour, son accessibilité, sa capacité d’analyse sont des compétences.

Autre exemple, l’assistante de direction qui au fil du temps se retrouve cheffe de projet informatique. Elle n’a pas la formation initiale du métier qu’elle exerce et ne réalise pas toutes les compétences acquises dans l’expérience. Ainsi, lorsqu’elle voit débarquer des consultants utilisant un vocabulaire très spécifique elle se sent illégitime à revendiquer une forme d’expertise.

Je constate par ailleurs que les personnes qui se questionnent le plus sont souvent les personnes les plus professionnelles, impliquées et exigeantes.

  • Comment faire ? 

Pour commencer il est important de prendre conscience que l’émotion de peur n’est pas prémonitoire d’une quelconque réalité. Elle prend sa source dans des schémas de pensées, des expériences passées qui vont créer des pensées de peur. Toutefois, on a beau savoir que ce n’est pas réel, que souvent on s’inquiète de choses qui ne se produisent pas, la peur est là….

Il faut donc passer à l’action : vous confronter à cette peur.

Faites le point et répondez à ces quelques questions :

  • Quels sont les postes que je convoite et les compétences qu’ils mobilisent ?
  • Dans ces compétences quelles sont celles que je ne pense pas détenir ?
  • Sur ces compétences manquantes, quelles actions pourrais-je mener pour les acquérir ?
  • Quelles sont les entreprises qui recrutent ?

Pour cela, vous pouvez regarder les annonces, mais aussi contacter les cabinets de recrutement. Présentez votre profil à des professionnels qui pourront vous faire un feed-back sur votre profil. Si vous avez de la difficulté à faire le point sur vos compétences et aspirations, contactez un cabinet de bilans de compétences.

Il n’y a que dans l’action que vous pourrez gagner en confiance sur la valeur de votre profil. En échangeant autour de vous sur vos aspirations, vous pourrez aussi disposer de l’intelligence collective. Je constate que mes clients ont parfois peur d’exposer une forme de vulnérabilité, de demander des conseils. EXPOSEZ-VOUS!

 

«L’herbe n’est peut être pas plus verte ailleurs » ou encore « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ! »

 

« On ne peut pas tout avoir » ;  » Je ne travaille pas à la mine ». Souvent, mes clients constatent qu’un certain nombre de chose ne leurs conviennent plus et minimisent ce qu’ils ressentent. Certains culpabilisent : « Je ne fais pas un métier difficile, je ne suis pas trop mal payé » etc.  La peur qui se cache derrière, c’est une peur de se tromper. De prendre une mauvaise décision. Et si vous étiez amené à regretter votre choix ?

Ce n’est pas réellement une peur du changement comme on le dit souvent. En réalité, vous avez peur de perdre ce qui vous apporte actuellement de la satisfaction  : les déjeuners avec vos collègues de travail ; la reconnaissance de votre expertise ; les horaires de travail qui vous conviennent ; une sécurité de l’emploi etc… Cela dépend du contexte.

  • Comment faire ? :

Listez ce qui vous convient dans votre travail et ce que vous ne voulez plus. Dans la liste de ce qui vous convient, regardez comment vous pourriez vous assurer de mettre toutes les chances de votre côté pour avoir une chance de retrouver ces conditions. Par exemple, si vous craignez de ne plus avoir de bonnes relations avec vos collègues. Pour commencer, il convient de s’interroger sur les ressources dont vous disposez. Vous arrive t-il souvent d’avoir de la difficulté à tisser des liens ? Avez-vous beaucoup d’expériences négatives a ce sujet ? Par ailleurs, vous pouvez via les réseaux professionnels, vous renseigner sur l’ambiance de l’entreprise que vous visez en contactant des salariés ou anciens salariés.

Enfin, je fais souvent travailler mes clients sur le scénario catastrophe. Ok, donc, admettons que l’ambiance de travail soit catastrophique. Que feriez-vous alors ?

 

« Je ne sais pas me vendre…. »

 

Cette phrase, je l’entends autant chez les salariés que chez les futurs entrepreneurs. Alors, déjà, il est important de remettre l’église au milieu du village. Il ne s’agit pas de vous vendre et heureusement ! Il s’agit de mettre en relation une entreprise qui a besoin de compétences avec un salarié qui peut les mettre à disposition. Donc, il s’agit d’exposer vos savoirs-faire et savoirs-être.

Donc, effectivement il faut avoir fait le point sur ces compétences. Par ailleurs, les modalités de recherche d’emploi ont évolué. Le CV d’aujourd’hui ne ressemble pas à celui qu’on faisait il y a 10 ans.

«  Je ne sais pas me vendre, par exemple, je n’ai jamais demandé une augmentation de ma vie ! », Eloise, dix ans d’ancienneté dans son entreprise actuelle. A nouveau, la recherche d’emploi, quand on ne s’y est pas confronté depuis longtemps ou jamais confronté peut s’avérer effrayante. Certains clients ont même des vécu par le passé des expériences difficiles et craignent de les revivre.

Mathilde 32 ans a mis plusieurs années à trouver son premier CDI, elle se souvient avec effroi de cette période. Elle en a retiré la croyance qu’elle ne sait pas mener un entretien. Elle oublie qu’elle a pris en assurance en 10 ans et qu’elle a aujourd’hui une belle expérience à présenter.

Certains n’ont même jamais vraiment fait de CV ne savent pas comment s’y prendre et appréhendent les entretiens.

  • Que faire ? :

Comme pour les précédentes peurs, il va falloir s’atteler au sujet, passer à l’action. Les compétences à s’orienter, à rechercher un emploi, cela s’apprend aussi !  La chance aujourd’hui c’est que nous disposons d’internet qui regorge d’informations et de conseils.

Par ailleurs, je ne le dirai jamais assez :  OSEZ  demander de l’aide et des conseils. Cela ne fait pas de vous quelqu’un de faible mais plutôt quelqu’un d’intelligent qui sait qu’il y en a plus dans deux têtes que dans une. Par ailleurs, votre entourage peut voir des choses que vous n’auriez pas vues.

Ensuite, avec mes clients, je les entraîne ! Prenez une offre d’emploi à laquelle vous aimeriez répondre et simulez un entretien. Vous voulez avoir un aperçu des questions qui pourraient être posées ? Contactez-moi, je me ferai un plaisir de vous envoyer la liste des questions que j’envoie à mes clients pour qu’ils se préparent.

Ensuite, entraînez-vous ! Devant votre glace et cela plusieurs fois. Vous pouvez également vous enregistrer, c’est hyper efficace, notamment car vous pouvez réécouter votre enregistrement juste avant l’entretien pour vous remettre dans le bain si le stress vous gagne. Vous serez entrainé comme un sportif et beaucoup plus à l’aise.

 

« J’ai peur de ne pas savoir m’adapter…  »

 

Un changement d’entreprise vous confronte à un nouvel environnement inconnu. Avec des codes qui changent, un nouveau jargon, des process différents. Bref, l’environnement n’est plus le même ! Cette peur se base sur la conscience que vous avez de ce qui va changer demain. C’est plutôt sain ! Car, oui, il va falloir prendre le temps de s’habituer à ce nouvel environnement et cela ne va pas se faire en cinq minutes. Il va falloir accepter que vous ne savez pas. Et c’est NORMAL ! Vous ne pouvez pas arriver dans une entreprise et tout savoir. Ce qui va vous permettre de vous adapter c’est déjà d’accepter que cela va prendre du temps afin que vous osiez poser des questions pour apprendre.

  • Que faire ?  :

Procédez petits pas par petits pas. Commencez par postuler, passez des entretiens et voyez comment les choses évoluent. Cela ne vous engage à rien de passer des entretiens. Lorsque vous serez retenu pour un poste, vous pourrez à ce moment-là poser les choses. Par ailleurs, vous disposerez de beaucoup plus d’informations qu’aujourd’hui et cela vous permettra de lever certaines inconnues.

Par ailleurs, soyez vous-même ! En entretien ne sur-vendez pas une expérience. Dites la vérité. Cela vous permettra de vous sentir en sécurité une fois en entreprise. Le plus possible considérez l’entretien comme une discussion qui va permettre de voir si vos compétences, valeurs, aspirations, correspondent aux attentes de l’entreprise. Il m’est arrivé de ne pas retenir des candidats parce qu’ils avaient trop de compétences pour le poste… Et oui, je savais qu’ils s’ennuieraient rapidement. Cela montre que si vous n’êtes pas retenu ce n’est pas nécessaire de tout remettre en cause.

 

« Et si je n’étais pas à la hauteur ? »

 

Claire, 28 ans sa dernière entreprise a mis fin à sa période d’essai. Elle a peur de revivre la même chose. Cette expérience la fait douter de ses compétences. Pour commencer, il faut vraiment considérer qu’une erreur de recrutement n’est pas de la responsabilité unilatérale du candidat. Je pense même qu’il s’agit avant tout d’une problématique du recruteur. Seulement, rares sont les entreprises qui le reconnaissent.

Il convient d’abord de faire le point sur la situation afin de prendre du recul. D’identifier ce qui n’a pas fonctionné et de voir comment vous pouvez corriger le tir. La plupart du temps les peurs exprimées ne sont pas claires. Mes clients me disent avoir peur et mon rôle consiste à comprendre la compétence qu’ils craignent ne pas détenir. Ensuite, il s’agit de rationaliser. Est-ce que vous avez de réelles raisons de douter ? Cela repose t-il sur des expériences passées ? Si oui, il s’agit de voir si vous pouvez combler ce vide.

  • Que faire ?  :

La confiance ne se nourrit que dans l’action. Tant que votre cerveau n’aura pas observé concrètement que vous êtes capable il ne pourra pas être complètement rassuré. Toutefois, vous pouvez quand même faire le point sur vos compétences, en faisant un bilan, par exemple, mais aussi en prenant le temps de relire vos accomplissements, pour vous remémorer tout ce qu’il y a de bon.

Je vous propose un exercice que je fais faire à mes clients et que j’affectionne particulièrement. Listez vos réussites  professionnelles et personnelles et identifiez pour chacune d’entre elles les valeurs, qualités professionnelles et personnelles dont vous avez fait preuve.

Si vous observez que vous avez du mal à faire cet exercice c’est qu’il est probablement nécessaire de vous faire accompagner. Cela peut vraiment tout changer ! Je le sais, c’est mon quotidien et ça a fonctionné pour moi, alors pourquoi pas pour vous ?

En synthèse, appliquez la théorie des petits pas. Prenez du temps pour faire le point et réfléchissez comment passer à l’action pour rassurer chaque peur l’une après l’autre. Tout doucement, à votre rythme. C’est le premier pas le plus difficile, alors, osez !

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