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J’ai pas de passion…. C’est grave docteur ?

J’ai pas de passion…. C’est grave docteur ?

Pendant longtemps j’ai déclaré aider mes clients à trouver leur « mission de vie »…. Aujourd’hui, je reconnais que c’était bien arrogant et surtout très angoissant… Attention, je le faisais vraiment avec beaucoup de sincérité. J’y croyais vraiment, j’avais moi-même l’impression de l’avoir trouvée, cette fameuse mission de vie.

Aujourd’hui, 8 ans après ma reconversion ( oh mon Dieu, déjà !!) je sais que mon activité d’aujourd’hui ne sera pas la même dans 15 ans… Je le sais car, je sens que j’ai déjà envie de nouveauté, de créativité. J’aspire à apprendre de nouvelles choses et de les transmettre différemment. Il se peut aussi que je fasse des rencontres, qu’un nouveau sujet me passionne et que je prenne une nouvelle trajectoire. A vrai dire, là où j’espérais il y a 9 ans durant mon bilan de compétences « trouver ma voie » aujourd’hui je suis plutôt rassurée à l’idée qu’il n’y en ai pas !

Si on regarde la société dans laquelle nous vivons et la façon dont les métiers évoluent c’est même plutôt cohérent d’imaginer que notre métier d’aujourd’hui ne sera plus le même dans quelques années.

Mes clients ont souvent cette peur de « se tromper », autrement dit, de mettre en branle toute leur vie, de quitter un job qu’ils connaissent, voire de s’engager financièrement dans un nouveau projet et de se rendre compte qu’il ne les épanouit pas voire dans le cas de l’entreprenariat que « ça ne marche pas ». Entre guillemets « retour à la case départ ». Evidemment, quand ils s’imaginent ça, ils restent complètement bloqués.

La réalité c’est qu’il est à mon sens IMPOSSIBLE qu’il y ait un retour à la case départ car il y aura nécessairement eu une phase d’apprentissage qui sera apprenante et surtout, je suis assez convaincue qu’elle permettra de disposer d’informations importantes pour la suite.

Si on revient au sujet de « j’ai pas de passion » ; c’est une fois sur deux évoqué par mes clients lors du rendez-vous de contact. Il s’agit souvent d’un sujet de souffrance. Il faudrait avoir une passion, s’y être investie pour avoir une chance d’être heureux professionnellement.

Une cliente hier me disait : « je ne suis pas persévérante. J’ai fait du piano quand j’étais petite pendant plusieurs années mais j’ai abandonné a l’adolescence. » Elle se jugeait beaucoup, trouvait qu’elle manquait de ténacité et d’engagement. Je lui ai donc demandé : « tu aimais jouer du piano ? » Ce à quoi elle m’a répondu :  » non, pas vraiment… J’ai fait du piano car mes parents m’ont inscrite, mais je ne prenais pas de plaisir ».

Pas étonnant qu’à l’adolescence elle ait arrêté…

Il y a donc toute une frange de la population qui souffre de ne pas avoir de passion. En réalité, ce qui les fait souffrir, ce n’est pas de ne pas avoir de passion mais de penser qu’il faudrait en avoir une pour être heureux ou épanoui.

Avoir une passion n’est pas une garantie d’épanouissement professionnel. Connaissez-vous un passionné de musique, d’art ou de nature qui n’est pas épanoui ? Moi oui, j’en connais beaucoup ! A l’inverse, connaissez-vous des personnes heureuses qui n’ont pas de passion ? A nouveau, oui, j’en connais et j’en fais partie…

A moins que… C’est quoi une passion ? Est-ce qu’aimer partager un moment avec des amis, les écouter et les encourager peut être une passion ? Si oui, j’ai une passion !

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